Rencontre avec Marion Le Tertre

 

Portrait de cavalier écrit par Nelly Orain pour le CDTE85

 

Marion vit sa passion au quotidien. Après une formation Elevage équin et une spécialisation dans le débourrage des chevaux de sport, elle vient de reprendre l’activité lancée par son père, féru de chevaux depuis toujours. « C’est mon père qui m’a transmis sa passion et le respect de l’animal. Nous sommes une famille qui vit cheval, chacun son rôle ! »

 

Quel a été ton parcours équestre et pourquoi l’équitation de loisir ?

J’ai débuté à six ans. Un jour en revenant de vacances, il y avait une ponette dans le champ. Ma première, Houpette, un sacré caractère et un cœur plus gros qu’elle ! C’est mon père qui m’a appris les bases de l’équitation. Puis j’ai commencé en club à huit ans, et j’ai arrêté à seize ans après mon galop 7. J’avais l’impression de ne plus progresser. Je n’avais pas l’esprit de compétition et c’était la relation cheval/cavalier qui m’intéressait avant tout. Entre temps, à onze ans, j’ai eu ma jument, Karelle, une trotteuse de trois ans. J’ai commencé à sortir en extérieur avec elle et j’y ai pris goût. Je me suis tournée vers l’équitation de loisir assez tôt. Puis, j'ai découvert l'endurance. Une discipline pointilleuse qui respecte le bien être du cheval et où l'entraînement du cheval prend une place prépondérante.  

 

Quelle est la fréquence de tes sorties et de tes randonnées?

Je sors quasiment toute l'année pour préparer au mieux mes chevaux pour les courses d'endurance. L'hiver, le planning d'entrainement est plus allégé et permet d'améliorer les points faibles de chaque cheval en insistant d'avantage sur le travail en carrière. Du printemps à l'automne, je profite du calendrier du CDTE85 pour varier les entrainements (dénivelé, long et lent, allures).

 Je forme également mes jeunes chevaux, qui seront par la suite proposés à la vente. Très tôt, ils côtoient l'extérieur ; d'abord en main, puis en selle après un débourrage réalisé dans le calme sans brûler les étapes. 

 

Dans le choix de tes randonnées que privilégies-tu ?

La diversité des paysages et la technicité des circuits. J’aime que le parcours varie à chaque fois, la nouveauté motive mes chevaux.

 

Parles-nous de tes chevaux de rando …

Karelle, une adorable trotteuse de vingt ans. C’est une randonneuse hors pair. J’ai traversé plein de choses avec elle, j’ai appris la patience et la persévérance. Castelino, un pur sang de quatorze ans un peu nerveux ! Il avait quatre ans quand je l’ai eu. Il est craintif et parfois ombrageux, mais c’est un cheval gentil et très attachant. Quand il est en confiance, il se donne à cent pour cent. Et Aramys, le premier poulain de l’élevage, un selle français de huit ans. C’est un cheval très proche de l’homme avec un mental à toute épreuve. Il est polyvalent. Travailler avec des chevaux si différents m'a permis d'acquérir des bases solides et cela me sert au quotidien avec mes juments de course. Le respect du cheval prime! 

 

Le tourisme équestre n’est plus seulement ton loisir puisque tu en as fait ta profession. Qu’est ce qui t’a motivé et peux-tu nous présenter ton activité…

Etre au contact des chevaux et travailler dehors a toujours été mon souhait, et  j’avais de la demande en chevaux de loisir/sport. J’ai commencé l’élevage en 2010 avec mon père, et en décembre 2013, j’ai repris l’activité. Je fais du débourrage et de la valorisation du cheval de sport (endurance).

 

Elèves-tu une race de chevaux en particulier ? Quels sont tes objectifs ?

Je n’ai pas de race favorite. J’aime apporter les caractéristiques de plusieurs races, mais c’est toujours le caractère qui prime. On apprécie un cheval avant tout pour son caractère, sa morphologie et ce qu’il a à nous offrir, pas pour ses papiers. Mes produits sont des origines constatées. J'ai plusieurs poulinières de races différentes (arabe, connemara, appaloosa...). Elles ont toutes des qualités évidentes pour l'équitation d'extérieur. Elles ont le pied sur, sont fiables et sereines. Colt du Brisant, mon étalon de 5 ans est issu d'un mariage entre une jument lusitanienne et un appaloosa. C'est un cheval avec un modèle harmonieux et sportif qui transmet son excellent caractère à ses poulains. 

Pour la clientèle, j’essaie de proposer des chevaux polyvalents, bien dans leur tête, rustiques et endurants.

 

Comment gères-tu ton élevage ?

Tous les chevaux vivent en troupeau. Avec Colt qui est entier, je suis obligée de faire 2 lots, en respectant les affinités de chacun. J’essaie au maximum de respecter leur environnement naturel. Les chevaux rentrent en boxes l’hiver uniquement quand c’est nécessaire. Les poulinages et les saillies se font en extérieur. Les poulains sont manipulés dès les premiers jours, mais ils sont éduqués par leur mère et le troupeau, j’interviens le moins possible. Le sevrage se fait de façon naturelle, vers un an, puis ils sont débourrés vers trois ans et remis au pré jusqu’à quatre ans. C’est là que commence réellement le travail en extérieur. 

 

Si tu devais choisir un moment fort de ton expérience, lequel serait-il ?

Ma première randonnée avec mon premier poulain, Aramys. C’est le plus beau des cadeaux quand on est éleveur ! C’est l’aboutissement d’un long et beau travail et surtout le début d’une belle aventure. Il faut du temps et beaucoup de patience, mais ça en vaut vraiment la peine…

 

As-tu des projets ?

 La Tevis Cup :-) 

 

Le mot de la fin…un message ?

« Qui veut voyager loin ménage sa monture. » Il faut écouter son cheval. Faire passer le bien être du cheval avant le sien.

 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now